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17/02/2020

Drones culture sur le plateau de Saclay

L’aéroport de Toussus le Noble et ses terres agricoles aux alentours, deux entités qui protègent le plateau de Saclay d’une urbanisation intensive dans l’actuel Paris-Saclay. Des terres agricoles les plus fertiles d’Ile de France et un aéroport historique mythique, côte à côte.

Aeriapole, dans son concept depuis 2007 «Etre acteur dans son environnement autour d'un aérodrome mythique », pose la question  :
N' y aurait il pas des liens à développer entre ces deux entités économiques à très fort potentiel ?

L’arrivée des drones et leurs utilisations ponctuelles, offriraient des solutions récentes qui répondraient aux demandes locales des agriculteurs et que nous souhaitons mettre en marche.

C’est avec Stéphane Vandame, agriculteur à Villiers le Bâcle que nous avons cerné des points essentiels. 

Le contexte :
de d à g : Stéphane Vandame et G Finan
  • Des terres agricoles d’une surface de 2500 ha. Un espace sanctuarisé, une zone de protection naturelle, agricole et forestière (ZPNAF) autour d’une charte signée en octobre 2018 avec les différents partenaires pour les protéger de l’aménagement du plateau dans le Paris-Saclay.
  • Un calendrier agricole : une terre en repos, une étude hydrique du terrain pour la préparation de la terre, les semis, le traitement et la récolte.
Qui dit graines, semis et récoltes, voit apparaître les oiseaux (corbeaux, corneilles et pigeons pour la plupart), des sangliers et des lapins entre autres, sur deux et quatre pattes…
Une intelligence et un comportement approprié d’une gente animale dans un environnement pour des créatures qui s’adaptent, se développent et s’accoutument à la présence de l’homme.

Des comportements qui forcent l’admiration des agriculteurs qui vont même jusqu’à établir  des procédés de "bons échanges" comme nous le confie Stéphane.
Un curieux mélange d’une adversité et d’un respect mutuel dans une cohabitation «arrangée».

Toutefois, l’agriculteur souhaiterait apporter un équilibre à la prolifération des oiseaux, dans un environnement sans prédateurs naturels.
Ce qui mène à l'installation d'une surveillance en permanence d'une faune qui s’adapte très vite et prolifère dans un environnement protégé.

Les buses, entre autres, auraient été, une belle alternative mais leur élevage relève d’une réglementation administrative pointue et onéreuse, en plus de la proximité d’un aéroport où le risque aviaire serait élevé.

de d à g : Philippe Vurpillot et G Finan
C’est sur la société FlyCam, nouvellement basée à Toussus que c'est fixé notre choix pour monter un dossier "drones culture"
En effet, d'un Skyraider en 2007 au drone pour l'agriculture en 2020, c'est le chemin tout tracé d'un centenaire de l'aéroport qui a conduit une nouvelle génération à venir s'établir sur l'aéroport de Toussus le Noble.
Skyraider - Centenaire Toussus 2007

Philippe Vurpillot est le directeur de FlyCam.
Il est aussi pilote et fils du pilote du Skyraider, Bernard Vurpillot qui est venu à Toussus en 2007.

Dans le concept d'Aeriapole "Acteur dans son environnement" nous souhaitons le développement d’une économie participative locale, basée sur un principe anthropique qui a fait ses preuves.

Aujourd'hui, c'est une une fois de plus l'Histoire qui se met au service de l'Economie, comme nous l'avions présenté lors de notre intervention à la DGAC en avril 2019 : « Comment préserver un patrimoine aéronautique dans une région en forte urbanisation. »  (lien vidéo intervention à la DGAC).

Comme nous en informe Pascal Alleno, résidant à Toussus et que nous avions rencontré récemment, il y a quelques années l’INRA c’était penché sur un dossier pour développer un service aux agriculteurs à partir des images satellites SPOT. Il y avait fait son stage.
Le drone n’existait pas encore.
Aujourd’hui cet outil apporterait des propositions à moindre coût. 

Sur ce même principe anthropique que nous avons démarré en 2007, FLYCAM ira à des propositions sur des paliers de services, du plus simple au plus complexe en fonction des budgets des intéressés et pour une rentabilité partagée des partenaires, selon les règles en vigueur, bien définies.

article associé :

les drones au service de l'agriculture

15/02/2020

Inauguration (mouvementée) de l'avion de Météo-France à Toussus le Noble - 1987

Inauguration (mouvementée) de l'avion de Météo-France ou: À Toussus, il fallait gérer les VIP...
(gros dilemne entre un Président et un Ministre et entre un bon repas et un sandwich!...)

Le Fairchild Swearingen Merlin IV équipé pour Météo France dans les ateliers de France Aviation à Toussus-le-Noble.
En 1987, les ateliers de France Aviation furent chargés par Météo-France d'aménager en laboratoire météorologique volant, selon leurs spécifications, un avion Fairchild Swearingen. Une fois cette tâche accomplie, une série de vols d'essais fut menée par le chef pilote d'essais de cette entreprise, Jean-Pierre Lafille.

Jean-Pierre Lafille était à Toussus une forte personnalité qui faisait autorité ; titulaire de tous les brevets et licences existants (pilote de transport avions multimoteurs et hélicoptères, etc.). Il volait aussi sur les avions de collection de Jean-Pierre Salis, et pas seulement lors des célèbres meetings
aériens annuels de La Ferté-Alais.
Ainsi, à Toussus, il vola sur le Blériot XI pour l'anniversaire des premiers loopings exécutés le 31 Août 1913 par Adolphe Pégoud au-dessus des arcades de Buc...(mais ceci est une autre histoire).
J'eus l'occasion de le fréquenter assez régulièrement et de voler avec lui, y-compris en hélicoptère.

Entre-autres, à la suite de nombreux crashs de Robinson R22 qui me valurent quelques enquêtes techniques, nous nous rendîmes à une réunion à Pontoise pour y rencontrer le Bureau Enquêtes-
Accidents ; l'aller et le retour fut effectué en...R22 bien sûr! (mais ceci est encore une autre histoire).
Il m'invita à l'accompagner lors de l'un des essais du Swearingen de la Météo et nous allâmes travailler dans les zones de Brétigny. Je fus impressionné en particulier par la vitesse d'approche très élevée (à mon goût) lors du retour à Toussus où l'atterrissage me fit penser plutôt à un appontage, tant la piste paraissait petite...

Lorsque l'avion fut fin prêt, France Aviation et Météo-France organisèrent une manifestation-buffet devant les hangars, où un parterre de chaises et une tribune furent installés face à l'avion mis en place sur le parking.

Bernard Lathière, PDG d'ADP de 1986 à 1992.
 (1929-1997)
Le matin du jour de l'inauguration, je reçus un coup de téléphone de la secrétaire de Bernard Lathière (1), président d'Aéroports de Paris:
-  " Monsieur Pageix, le président souhaite assister à la cérémonie, après avoir déjeuné à la  Volière  (2) . Pour son menu, n'oubliez pas son péché mignon..."(3)
Je fis donc aussitôt le nécessaire auprès du restaurant (commodément situé derrière mon bureau) et j'attendis mon Président qui se présenta vers midi.

Entre-temps, notre chef de département Opérations Aériennes, Frank Morisseau (4) se joignit à nous.

Le repas fut agréable. Bernard Lathière (dont je salue ici la mémoire) était un homme convivial, de mœurs très simples en dépit des responsabilités pesantes qu'il assumait. Je l'appréciais pour ma part. Il nous racontait comment il avait appris l'anglais, dès son âge le plus tendre grâce à une nourrice hindoue, lorsque sa famille habitait en Inde où son père occupait un poste important  (Bernard Lathière est d'ailleurs né à Calcutta).

Le bloc technique et sa tour de contrôle. La rotonde au premier plan: mon bureau et à gauche au fond, le restaurant "La Volière". À droite, le garage de la Land Rover (encore rouge jusqu'à ce qu'elle devienne jaune) avec sa boule de 250 kg sur le dos, ma petite 4L (perso) et l'acadyane gyro. La photo date de 1983, avant que le nouveau président, Pierre Marion, change le sigle d'Aéroports de Paris ("ADP" remplaça "AP" qui "faisait" un peu trop "Assistance Publique" selon certains)...
Au beau milieu du repas, alors que s'annonçaient d'autres plats suivis probablement d'un savoureux dessert, se présenta de manière inattendue notre ministre des Transports, Jacques Douffiagues, qui vint immédiatement saluer les convives:
- "Bonjour Bernard";
- "Bonjour Jacques, on va se serrer et tu vas déjeuner avec nous?";
- "Pas du tout, Bernard, je vais prendre un sandwich au bar! ";
- "Bon, alors tant pis pour toi...On se retrouve pour l'inauguration!";

Jacques Douffiagues, Ministre des Transports de 1986 à 1988.
(1941-2011)
Notre ministre alla donc s'asseoir sur un tabouret près du bar et commanda un sandwich.
Pour ma part, je rentrai la tête dans mes épaules, redoutant ce qui allait suivre, et qui ne manqua pas d'arriver:
-"Pageix, tant pis pour vous, me dit Bernard Lathière en me désignant du menton le ministre, vous ne pouvez pas le laisser manger tout seul! faites votre boulot! ";
Je me levai donc, abandonnant ma serviette et mon plat à peine entamé, pour rejoindre le ministre et je commandai la mort dans l'âme un sandwich, en regardant mes souliers pour ne pas voir l'air sarcastique de mes compagnons de table et du tenancier du bar...

Un peu plus tard, on se retrouva tous sur le parking privé de France Aviation pour la cérémonie, orchestrée par Monsieur Abel de Rubercy, Directeur de cette entreprise, qui entama un discours de bienvenue.
Catastrophe! celui-ci commis un impair de taille en oubliant de mentionner dans son discours le Président d'ADP! Celui-ci, furieux, regagna aussitôt sa voiture. L'orateur balbutia des excuses, mais rien n'y fit. Le Président au premier rang ne pouvait pourtant passer inaperçu. Mr de Rubercy, "Derub" comme l'appelaient familièrement les employés, ne put m'expliquer cet oubli d'autant plus regrettable que l'intéressé s'impliquait remarquablement pour la défense et la promotion de l'aéroport (5).

(1) : Bernard Lathière, inspecteur des finances né à Calcutta en 1929, décédé à Paris en 1997 Président d'Airbus Industrie, puis d'ADP (1986-1992). Je l'avais rencontré en 1972 au tout début de ma carrière au Service Technique de la Navigation Aérienne (246 rue Lecourbe Paris 15e) alors qu'il était Directeur duTransport Aérien (DTA) depuis 1968 et retrouvé plus tard en 1986 à son bureau d'ADP au 7e étage du Bld Raspail...
(2) : La Volière, restaurant situé au rez-de-chaussée du bloc technique, où les personnels de l'aéroport disposaient d'un service de cantine.
(3) : Le "péché mignon de notre Président était bien connu et point était besoin pour sa secrétaire de le rappeler: il s'agissait de son goût pour le Saumur Champigny (que je partageais volontiers), qui devait inévitablement figurer au menu...
(4) : Franck Morisseau fut de 1986 à 1994 le chef du département "Opérations Aériennes d'ADP dont dépendait le service "Aviation Générale" et l'Aéroport de Toussus-le-Noble, tout comme les dix autres aérodromes parisiens d'aviation générale, et l'héliport d'Issy-les-Moulineaux. Il deviendra plus tard Directeur de la Navigation Aérienne. Homme d'une grande rigueur morale et intellectuelle que j'appréciais.
(5) : Abel de Rubercy, PDG de France Aviation, dépendant du groupe Transair basé au Bourget (dont le Président était alors Mr Bernard Fusillier). Il avait été à l'origine du meeting aérien de 1981 qui fut un véritable succès, organisé au travers d'une association créée pour cet événement : l'AGUITA. Il fut un ardent défenseur de l'aérodrome, mettant à contribution les hommes politiques du moment (le député des Yvelines Franck Borotra, etc)

Jacques Pageix
février 2020

Dans la chronologie des articles de M. Jacques Pageix - Commandant de l’aéroport de Toussus:
Le GSIGN et le GIGN sautent sur Toussus
Toussus port d'attache du dirigeable Fuji

13/01/2020

En quoi serait il INNOVANT le Paris Versailles Saclay municipal ?


Terrain EAN 🔍
En quoi le projet Paris Versailles Saclay présenté par la Mairie serait-il présenté comme innovant ?

Si nous en serions ravis d'avoir un projet communal qui fasse cohésion et puisse apporter développement, richesse et innovation, il aurait pu depuis le moment où il a démarré, s'échanger ouvertement avec courtoisie, respect et reconnaissance.

Retour au 30 juin 2011 :

Le dernier clairon sonnait à l'Ets Aéronautique Naval de Toussus le Noble ( lien vers article et l'historique de ces terrains).
Un point d’interrogation venait de s’élever sur le devenir des terrains qui seront, sous peu, laissés vacants par les marins.

EAN, son parc et son chateau 🔍
Ces terrains sont composés de deux grandes parcelles, l’une qui englobait Parc et Château, dans le village, l’autre celle des bureaux de la base militaire, en mitoyenneté de l'aéroport.
Juillet 2011, la mairie lance un concours d’idées pour reconvertir les terrains de l’EAN suivant des critères qu'elle préconise :
  1. L’objectif municipal premier étant de rendre public le parc paysager au milieu de la commune en minimisant son coût d’acquisition pour la commune. 
  2. La contrepartie de cette acquisition serait en conséquence un droit à construire des logements à la place de l’EAN, route de Châteaufort.  (lien)
Lors de ce concours d'idées, Aeriapole présente sa vision ( lien / dossier ) en fonction de ses propres données perçues du terrain et de l’expérience acquise lors du centenaire de l’aéroport en 2007.
Une vision propre, qui n'était toutefois pas en phase avec les points définies par la mairie.

En effet, dans le concept d'Aeriapole, celui d'être acteur dans son cadre de vie "autour" d'un aéroport mythique, la proposition de construction de logements et d’habitations en place de l’EAN contribueraient à perturber encore plus le relationnel déjà exacerbé entre riverains et usagers d'un aéroport historique, en menace de fermeture.

Il n’était donc pas nécessaire d’avoir un nouveau flot habitants qui  mettraient, dans du moyen/long terme, encore plus de l’huile sur le feu, menaçant l’existence même de cette plateforme. Notre  argumentation et l'urbanisation depuis les années 50 à 2010, nous l'avions consolidé avec notre vidéo à l'appui (ci-dessous) "c'est écrit dans le ciel"  réalisée en 2010 :

              

 et l'article : 

Proposition Mairie 2011 🔍
Les élus de la majorité  penchaient donc pour une autre occupation des terrains (photos ci-contre), en plus d’une parcelle pour la création de logements pour personnes âgées, le long de la route de Chateaufort.
Proposition Mairie en 2011 🔍
La vision de leur projet a été  exposé en Mairie. Il a été "effacé" du site de la Mairie en 2014. Ci contre quelques uns de ces panneaux de l'exposition qui détaillent l'aménagement de logements et d'habitation sur ce terrain.

2014 : Nouveau mandat et nouvelle municipalité.
Parmi les premières décisions du Maire, une refonte du site internet communal jugé obsolète, dans un "autodafé version 2.0"  qui efface tout le contenu.
« Aéronavale » devient synonyme d'un mot dont l’évocation ne sert qu’à designer les terrains à occuper…
Une cohabitation de 65 ans, aux qualificatifs élogieux, qui sombre lentement dans l’oubli.
Les bâtiments, dans l'attente de projets, se délabrent et les terrains qui deviennent friches.
C'est aussi l'arrivée d’une nouvelle population de tout horizon, dans de nouveaux lotissements, sans repères des lieux où elle vient s’établir.
Le Maire écrit son Histoire et l'histoire de la commune en se lançant dans une vision d’un aéroport du futur et d'une reconversion des terrains de l'EAN, reprenant à son compte les fondations et les actions d’Aeriapole depuis le centenaire de l’aéroport en 2007, bannissant de son dictionnaire et de la mémoire communale tout ce qui avait eu lieu ou découlé dans une stratégie de musellement systématique de ce qui n'est pas à son goût.

Les élus, essentiellement composés des nouveaux arrivants, sans historique sur la vie de la commune, forment la majorité. Ils sont plein de bonnes volontés et de bonnes intentions. Ils souhaitent apporter leur contribution. Tout est à leur honneur, dans une fidélité et une cohésion  d'esprit d'équipe et puis, pourquoi contredire ?

Voici que surgit en 2019, "l'innovant" projet du futur des terrains de l’EAN après deux ans de "travail et de recherches sur le terrain, commencé en 2018" d'une personne nommée à Toussus, qui, "probablement" sous influence « a quand même refusé ou été empêché» de nous rencontrer malgré nos souhaits d'approches insistants et fréquents directs et indirects, pour un partage d'une vision qui aurait pu être fructueuse  en ajout de la construction de notre centenaire de l'aviation civile et commerciale que nous menions.
Un "Niet" affirmatif et désolant.

Proposition Aériapole 2011 🔍
L'étude officielle sur le futur de ce terrain est donc diffusée avec sous le titre " Aérodrome innovant Paris Versailles Saclay" (ci-dessus) ainsi que sa vidéo, sur le site de la Mairie et lors de la journée aviation légère, en rapprochant autour de la Municipalité, une belle brochette de partenaires prestigieux.

Un projet "innovant" de 2019 mais qui  ressemble à s'y méprendre à notre proposition bénévole de 2011. (photo proposition Mairie 2019 ci dessous v/s photo proposition Aeriapole ci-contre), en moins du parc et du Chateau qui n'ont pu être récupérés par la commune car vendus aux enchères à des privés.

Proposition Mairie 2019 🔍
le projet municipal serait ce une étude ou une curieuse forme de plagiat à en croire les propositions sur le sujet et de mieux comprendre la raison de ces comportements de rejet à notre égard  ?
A quels coût et de qui ? quelle source de persuasion pour être aussi convaincant et rallier autant de partenaires comme dans ce dossier ?

Notre avis :
Bien évidemment, nous souhaitons que les terrains délabrés et en friches puissent se transformer en un projet avantageux  pour la commune. Toutefois, ce dossier comme présenté aujourd'hui, laisse perplexe sur la connaissance et la psychologie du terrain et des infrastructures.
Qu'en ont pensé les usagers  ? les habitants ?

Vision :
Aujourd'hui ce projet comme présenté serait en grande partie, une utopie difficilement réalisable et nouvelles sources de conflits depuis l'arrivée massive des hélicos et la prochaine arrivée de la douane

C'est par ailleurs en prévision qu'en 2017 nous avions apporté une mise à jour à notre dossier de 2011 par une proposition lors de l'Aéro Saclay 2017, qui par son règlement, que nous avions déploré lors sa création en 2016 ne serait ouvert qu'aux étudiants et que l'avis des usagers directement concernés sur le terrain a été abandonné.
Elle aurait pu être "visionnaire" et s'incorporer au dossier des terrains de l'EAN, en complémentarité.
Mais là  aussi, aucune invitation au dialogue n'était possible....

A suivre, avec le prochain mandat...








07/01/2020

Le secrétaire d'État en charge des Transports en visite à Toussus



Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d'État en charge des Transports était en visite hier à l’aéroport de Toussus.

Il est venu en compagnie du député Jean Noël Barrot pour une rencontre avec Patrick Gandil et Jean Luc Charron, Président de la FFA maitre d’œuvre de l’arrivée de l’avion électrique en France et  la mise en place du Pipistrel, avec force obstination, à destination des écoles de pilotage, actuellement en expérimentation sur la plateforme de Toussus le Noble.

J.B Djebbari, membre de la commission du développement durable de l'Assemblée nationale, est aussi pilote de ligne diplômé de l'École nationale d'aviation civile. Il a une réputation de technicien pragmatique aux qualités humaines reconnues.

Le secrétaire d'État a durant un temps piloté des avions d'affaires. Le domaine n’a pas de secrets pour lui.

L’approche de cet expert à l’avion électrique,  apportera un élan et de nouvelles perspectives  de cet avion école nouvelle génération.

Bienvenue et à la prochaine…

06/01/2020

Le rôle d'un poste-frontières sur l'aéroport de Toussus le Noble

En 2014  les aéroports de Toussus et Pontoise se sont vu privés du poste-frontières.
En 2016 c 'est par un simple tract du syndicat Sud Douanes que les responsables de 13 petits aéroports français ont appris cette même nouvelle. Par souci d'économie, le gouvernement avait décidé la fermeture imminente de leurs postes-frontières. 
Les conséquences sont connues : Modification du type de trafic aérien, chute des vols d'aviation d'affaires, départ des grandes sociétés, du moins en ce qui concerne la plateforme de Toussus....

Dès le départ de la Douane en 2014, des associations comme l' Ascendant et des personnes comme Alexandre Couvelaire et J.P. Trimaille  ont œuvré pour un retour de cette douane, élément important dans l'aviation d'affaires ( notre article de l'electrique dans l'air - lien)
En 2016, une nouvelle étude sur les usages et les besoins des entreprises en matière de déplacements internationaux a été à nouveau réalisée sur l’aérodrome de Toussus le Noble afin d’évaluer le potentiel et les conditions de développement de l’aéroport situé au cœur du cluster Paris-Saclay, du pôle de Saint-Quentin-en-Yvelines, de La Défense, du pôle Boulogne/Issy-les-Moulineaux et de la Vallée scientifique de la Bièvre.  L'enquête a été menée de pair entre la CCI de Versailles et ADP. 
De cette étude, les résultats confirmeraient la prise de décision du retour prochain de la Douane, retardé par les aménagements en cours dans le hall d'arrivée de l'aéroport.
Avec cette réouverture de la douane, les destinations hors de l'espace Schengen seront à nouveau possibles ; c’est une condition indispensable au développement économique de cet aéroport car il dispose d’atouts non négligeables au service des entreprises du territoire. (dossier VGP - lien) et qui a son actif, avec le Centenaire de l’aéroport célébré en 2007 et le centenaire de l’aviation civile et commerciale en 2019,  toute une base historique pour épauler un développement économique du Paris-Saclay.
Un développement qui toutefois devra tenir compte et se faire en conciliation avec les riverains et dans un souci de développement durable affirmé (charte environnementale, usage d'avions modernes peu polluants, peu bruyants et d'avions électriques...).


Ce développement et ce retour vont tout a fait dans le sens des propositions qu’Aeriapole avait offert dans le cadre de l'Aero Saclay en 2017.  Celle d'avoir sur cette plateforme, un « cœur d’aéroport, nouvelle tendance», pour répondre à une demande ciblée, la fructifier, et en faire bénéficier les communes et leurs habitants. 
Verrons-nous à nouveau, un jour, l’ISBA renaître de ses cendres, sous de nouvelles formes ? 
Une invitation à jeter à nouveau un œil curieux au dossier ambitieux proposé.  (lien associé)


16/12/2019

Les drônes au service de l’agriculture


Octobre 2018 : sur le plateau de Saclay, le ravage des sangliers dans les récoltes s’est bien fait sentir. Des champs de blé et de maïs ont été saccagés.
En raison de la sécheresse, les sangliers ont tendance à chercher de la fraîcheur dans les champs de maïs, détruisant au passage une partie des futures récoltes.

En 2017, près de 700 000 prélèvements de sangliers ont été réalisés en France. Ils augmentent d’année en année et les champs subissent de nombreux dégâts.

Dans ces circonstances et grâce à nos bonnes relations avec les pilotes de l’aéroport, un ami agriculteur nous avait demandé de prendre en photos ses champs pour évaluer le volume des dégâts.
Le problème qui se posait était l’emplacement de ces champs en pleine zone du circuit des mouvements d’atterrissage et de décollage. Un moment compliqué pour prendre des photos.
Nous avions donc loué un hélico et demandé une autorisation spéciale pour faire nous-même les photos en tant que passagers.

Un élément qui pointe le doigt sur une demande sur le plateau.  Qu'en est il de l’usage des drônes pour ces cas précis ?
Une rapide enquête auprès des usagers de l’aéroport nous fait remarquer qu’il n’existe aucun service qui puisse répondre à ce genre de demandes et qu'aucune étude n'aurait été éditée.
Pourtant l’usage des drônes mis au service de l'agriculture est bien réel et actif, mais qu'en est il sur le plateau de Saclay ?
Les raisons invoquées de cette absence sembleraient être:  la sécurité, les mouvements aériens et la proximité de l’aéroport.

Nous en parlions du sujet avec Christian Veyssière, notre partenaire au centenaire de l’aviation civile. Il nous dévoile alors sa vidéo et son utilisation, dans sa région.

        

Ce sujet ne serait il donc pas utile à développer avec l’aéroport pour de tels projets de jour et nuit afin de permettre aux agriculteurs de maîtriser production,  coûts et surveillance ?  

A suivre....

27/11/2019

Circulations douces entre Toussus le Noble, Chateaufort et Villaroy



A VeloToussus, en janvier 2019 nous appelions pour nos vœux la réfection de la piste cyclable, le long de la route de l’aéroport, menant au Mérantais et à l’intersection de la route agricole vers Chateaufort.

En effet, le 8 octobre 2018, nous nous interrogions des retours de la Ryder Cup et des avantages dont les communes avoisinantes ont pu bénéficier lors de cet événement quand à Toussus nous n’abordions que l’autocollant et le drapeau de l’événement alors que la piste était dégradée  par les passages non adéquats des véhicules de transports.
Pour rappel l’article : VeloToussus vous présente ses meilleurs voeux

Nous avions posé la question à la Mairie de Toussus. Sans réaction.

C’est à Versailles Grand Parc  que nous devons l’ambitieux plan vélo qui a terme ne comptera pas moins de 90km en reliant l’agglomération d’est en ouest, faisant la jonction avec les autres Communautés agglomérations.

Depuis octobre, c’est chose faite, VGP ayant pris en main la réfection de la piste cyclable qui en même temps est considérée comme route agricole.
Nous remercions  VGP et les maîtres d’œuvre pour cette piste rénovée : Toussus/Villaroy avec jonction à Chateaufort.
L’aménagement des circulations douces avec une signalétique adaptée qui suivrait prochainement apporterait un fort potentiel de développement économique et touristique sur un plateau « Berceau de l’aviation » aux étapes multiples et très riches en Histoire aéronautique, en référence à notre article :  Circulations douces, sur les pas du patrimoine aéronautique de Toussus

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27/10/2019

le GSIGN et le GIGN sautent sur Toussus - Mémoire du Cdt Jacques Pageix




Un fait marquant sur l'aéroport de Toussus-le-Noble: 

 Un exercice du GSIGN - (Été 1986)



Au cours de l'été 1986, je fus sollicité par le GSIGN (1) qui souhaitait organiser un exercice sur l'aéroport de Toussus-le-Noble. Ayant répondu favorablement sur le principe, j'accueillis dans mon bureau l'Adjudant de gendarmerie Bellanger afin de préparer cet événement.





Il me présenta d'abord l'organisation du GSIGN, basé à Satory, alors commandé par le Colonel Friedrich (2). Cette unité d'élite regroupait:

- Un état-major avec un officier et 12 sous-officiers;

- Le GIGN (Groupement d'Intervention de la Gendarmerie Nationale) avec 4 officiers et 74 sous-officiers, alors commandé par le Capitaine Legorjus (3);


La "roulante" et la R16 du Colonel...
- L'EPIGN (Escadron Parachutiste d'Intervention de la Gendarmerie Nationale) créé en 1984, comptant 5 officiers et 130 sous-officiers), alors commandé par le Capitaine Chancerelle;

- Le GSPR (Groupement de Sécurité de la Présidence de la République) commandé par le Lieutenant-Colonel Le Caro (5 officiers et 90 sous-officiers).



On ajouta en 1985 à ce dispositif un groupe "Instruction" chargé de rechercher et d'organiser des thèmes d'entraînement pour ces différentes unités.




L'adjudant m'expliqua ensuite le thème de cet exercice qu'il souhaitait effectuer à  Toussus-le-Noble, en mettant en œuvre le GISGN, l'EPIGN et le GIGN, avec la participation du COTAM (4), également basé à Villacoublay.



Cette opération devait servir, me dit-il, à tester la bonne coordination entre les différentes unités (Blindés, Parachutistes, GIGN, Armée de l'Air).
le Transall qui sème ses corolles grises... 

Évidemment, je fus impressionné par cette présentation qui nous promettait une démonstration grandiose sur l'aéroport...

Le scénario choisi visait à récupérer un otage détenu par des rebelles retranchés dans la vigie de la tour de contrôle, sur un aéroport ami, mais toutefois dans une contrée étrangère, hostile à notre pays, dont les forces armées pouvaienr à tout moment investir la plate forme.
         
L'adjudant Ballanger
s'apprête à réceptionner les paras
          
Au petit matin, sur le chemin de mon bureau, j'allai visiter le Colonel Friedrich, déjà installé confortablement dans sa "roulante", une fourgonette Renault bien équipée, stationnée sur le parking non loin de ma résidence. Il m'accueillit et m'offrit un petit déjeuner convivial...Quatre véhicules blindés de la gendarmerie (5) s'étaient placées à proximité de sa roulante transformée pour l'occasion en P.C.
         
Le Colonel, blessé lors d'un saut récent en parachute, en se receptionnant trop brutalement au sol, marchait avec des béquilles.

Dans la matinée, un stick de parachutistes fut largué d'un Transall du COTAM à l'Ouest de l'aéroport. L'adjudant Bellanger, équipé d'un talkie-walkie, assurait la liaison radio avec les équipages des Transall qui suivaient un cap tenant compte de la direction du vent, matéralisée au sol par de puissants fumigènes.
Le bloc technique; 
on distingue le restaurant "La Volière", 
la vigie  et l'aérogare (l'Isba).
          Les parachutistes, aussitôt sur le sol, se déployèrent à la périphérie de l'aérodrome afin de prévenir toute attaque pouvant venir de l'extérieur ;
Photo qui montre
l'activité de l'aéroport en 1986...
Ensuite, sous la conduite du capitaine Legorjus, le GIGN passa à la phase de libération de l'otage détenu dans la vigie. La "trouvaille" du capitaine pour y parvenir fut très originale: posté à l'entrée de l'aéroport, il réquisitionna sans façons la camionnette frigorifique d'un livreur qui se rendait au restaurant "La Volière", établissement situé comme chacun sait au pied de la tour de contrôle. Le Capitaine Legorjus et son adjoint demandèrent donc au chauffeur de patienter quelques instants et celui-ci -l'inquietude succédant à la surprise- leur répliqua "qu'il était ravi de partager le jeu des gendarmes, mais que ses denrées surgelés ne souffraient pas d'attendre pour être livrées à la Volière"...Le Capitaine le rassura...
Le Capitaine Philippe Legorjus (à gauche) et son
 adjoint sur la terrasse de la tour de contrôle 
avec son garde corps sur lequel
 vint s'agripper les grappins...

Au moment où le livreur passait au pied de la tour, le Capitaine Legorjus et son adjoint surgirent soudain de la camionnette, lancèrent deux cordes et leurs grappins qui vinrent s'agripper au garde corps de la terrasse, au sommet du bâtiment. Cette ascension fut, on s'en doute, lestement menée par nos deux hommes surentraînés: ils firent irruption comme par enchantement au milieu des contrôleurs aériens médusés, neutralisant le preneur d'otage, et délivrant l'otage. Il est évident que nous fûmes tous ébahis par ce dénouement si rapide...
Au même moment, un Transall du COTAM venait, après un magnifique posé d'assaut de quelques dizaines de mètres, se poster sur le parking situé au pied de la tour de contrôle. Il ouvrit sa trappe arrière, par laquelle on embarqua l'otage et son ravisseur, puis il décolla aussitôt vers Villacoublay, mettant un point final à toutes ces péripéties.

Le Transall du COTAM, 
 (photo prise de la terrasse 
de la tour de contrôle).
Au soir de cette mémorable journée, nous fûmes invités à participer à la séance de débriefing à Villacoublay, dans les installation du  COTAM, séance suivie d'un inévitable cocktail où je pus converser avec tous les acteurs de cet exercice mené il est vrai de main de maître. On nous distribua des fanions-souvenirs.
 
--o--

(1): Groupement de Sécurité et d'Intervention de la Gendarmerie Nationale (GSIGN).

(2): Le Colonel Friedrich commanda le GSIGN en 1985 et 1986 (le temps de commandement de cette unité militaire, comme beaucoup d'autres, était toujours très court, de l'ordre de trois ans);

(3): Le commandant Philippe Legorjus, capitaine de gendarmerie, commandant le GIGN de 1985 à 1989, sera confronté quelques années plus tard, alors qu'il était toujours commandant du GIGN, à la prise d'otages dans la grotte d'Ouvéa en Nouvelle Calédonie en avril-mai 1988. En se rendant dans la grotte pour négocier, il fut lui-même pris en otage. Les otages furent libérés après l'assaut de la grotte (opération "Victor"), lancé le 4 mai 1988, qui se soldera par deux morts et quatre blessés côté militaire et 19 morts du côté du FLNKS des Kanaks.

(4): Le COTAM, Commandement Opérationnel du Transport Aérien Militaire, basé à Villacoublay, BA 107.

(5): Véhicules blindés à 4 roues motrices de la gendarmerie, VXB 170 fabriqués par Berliet.
          --o--

                                                                               Jacques Pageix octobre 2019.


Dans la chronologie des articles de M. Jacques Pageix - Commandant de l’aéroport de Toussus:


10/10/2019

Toussus le Noble, un théâtre d’opérations diverses et variées - souvenirs du Cdt Jacques pageix


Le hangar FARMAN, implanté sur  une enclave privée de l'aéroport, 
avec accès aux pistes par un taxiway également privé. 
Il offrait de nombreuses place de stationnement aux avions, et disposait d'un atelier d'entretien. 
Éphèmère basilique, il accueillit  les reliques de Sainte-Thérèse..

À Toussus-le-Noble, au début de l'année 1995, je fus contacté par l'Évêché de Versailles pour organiser sur l'aérodrome le départ d'un périple aérien pour le moins étrange, voire surréaliste...

          L'idée qui me fut exposée par l'évêché était de transporter la châsse de Sainte Thérèse de Lisieux en avion, pour lui permettre d'aller ainsi à la rencontre des fidèles, de ville en ville! Il s'agissait en quelque sorte d'un pèlerinage à l'envers: les pèlerins, au lieu de se  déplacer à Lisieux pour y vénérer les reliques de Sainte Thérèse, pourrait ainsi la vénérer à deux pas de chez eux.

          L'évêque de Pamier (Mgr Albert-Marie-Joseph Cyrille de Monléon) était le promoteur de cette idée lumineuse et souhaitait la voir se réaliser rapidement.

          Je n'ai malheureusement pas conservé de photos de ce curieux épisode ; peut-être n'y en eut-il pas ? De plus, ce souvenir est un peu confus dans ma mémoire. Mais le fait est curieux et je pense donc qu'il mérite d'être rapporté.

          À cette occasion, mon ami le Père Jacques Minard, curé de la paroisse de Châteaufort-Toussus (*) ne manqua pas de me faire passer « sous la soutane » quelques caricatures bien senties, en y mêlant mon chien Helliot, qui n'avait pourtant aucunement trempé dans cette affaire. 
J'ai conservé ses petits croquis et je me décide pas à les présenter ici, car cela pourrait choquer certains et le faire sursauter lui-même dans sa tombe (même s'il y a prescription!).
         
          Le mois d'avril venu, pour recevoir dignement la châsse et son précieux contenu, on aménagea une basilique éphémère dans le hangar de la société Farman (enclave privée sur l'aérodrome, donc terrain neutre, alors exploitée par Monsieur Péchenard).

          Une messe fut dite par l'évêque. La châsse qui servait d'autel, quelques fumigènes, l'encens, les chasubles colorées, le caractère "décalé" de cette cérémonie au milieu des avions modernes alignés en bon ordre dans le hangar , tout cela composait un spectacle pour le moins surréaliste...

L'avouerai-je, je commis une petite facétie : je me souviens que l' évêque me demanda quel était ce curieux avion à réaction jaune qui tranchait avec les autres par son aspect militaire...

          C'était un Albatros, avion Tchèque, que le fameux Bidoux (ce Bidoux était connu à Toussus pour faire des affaires de tous bords, et l' on était nombreux à croire que son nom avait produit ce verbe à consonnance argotique: « bidouiller »). Il avait acheté cet avion (c'est le même type d'avion qui compose la patrouille de voltige Breitling) et, avant que l'on puisse connaître le destin que ce Bidoux comptait assigner à sa nouvelle "danseuse", comme il aimait à le souligner, les Douanes avaient saisi l'avion qui fut aussitôt transporté dans le hangar Farman dont le responsable, Monsieur Péchenard, avait été nommé « gardien de saisie conservatoire » (**).

          Je répondis à l'évêque : « c'est un avion de chasse Monseigneur : il est donc adapté au transport de reliques ! » Je me souviens bien que l'évêque, que j'avais jugé un peu prématurément inaccessible à toute sortes d'humour, n'avait pu réprimer un fou-rire !

Il conviendrait, pour compléter ces lignes, de retrouver des document permettant de retacer précisément quel fut le déroulement exact de ce curieux périple sur notre territoire, car je n'en ai malheureusement conservé aucun souvenir.

(*) : Jacques Minard  (Vanves, 12 octobre 1930 - Châteaufort, 17 mai 2006): Il fut pour moi avant tout un amis très cher. Personnage « haut en couleur », mais prêtre exemplaire dont les sermons, profonds, ciselés, souvent à l'emporte pièce, étaient de véritables moments d'éloquence qui réveillaient les consciences. Il n'aimait pas les pompes de l'Église, un peu provoquant et iconoclaste...Il avait une plume alerte qui jouait non seulement de l'écriture, mais aussi de la caricature (cela rime...). Ses dessins étaient aussi « pertinents » que ses discours. 

Je me revois, sirotant (modérément bien sûr) avec lui sous sa tonnelle du presbytère quelques breuvages anisés, tout en devisant : lorsqu'un avion survolait le village, il ne manquait pas de m'interpeller :
" Regarde, Jacques, encore un pilote qui prend mon clocher pour une balise!"...


 Ou bien, lors d'un concert d'orgue à la  cathédrale St-Louis de Versailles, où le récital de Fauré (je crois) nous endormait, il prit un crayon et dessina d'un trait un enterrement de première classe...On pouffa un peu trop bruyamment et certaines bigotes versaillaises se retournèrent en nous fusillant du regard. 
Heureusement que Jacques ne portait aucun signe distinctifs de son appartenance au clergé ! ...

Jacques, à la fois organiste et facteur d'orgue, et aussi curé aux sermons percutants mais émouvants, que j'aimais beaucoup, et qui, par son engagement, son sens de l'amitié, et son humour décapant, frisant parfois le canulard, était un phare pour "ses copains" (son expression favorite). Mes souvenirs à son propos mériteraient tout un ouvrage: je me souviens pêle-mêle du récit de son premier sermon à Taverny en présence de ses parents : lors de sa montée en chaire, son aube, malencontreusement accrochée à la rampe, se déchira et ses petit papiers aides-mémoire posés sur le rebord en velour rouge s'envolèrent. Son arrivée au sein de sa paroisse de Châteaufort-Toussus fut très remarquée: son bulletin paroissial "Carillon" (du nom de son chat) fit sensation, ainsi que quelques canulards avec ses complices Patrick Esnault le secrétaire de mairie et Jacques Marinovic, éclairagiste à la télévision ; il passa même à la télé dans une émission de Dechavanne pour présenter l'une de ses inventions.  

          Avec Jacques Minard, Jacques Marinovic et Patrice Pannetier, nous visitâmes Patrick Esnault à la clinique Aumont à Versailles lors d'une banale opération: quelle rigolade! Jacques et moi, nous nous étions déguisés en momie avec des rouleau de papier "Q" et nous fîmes irruption dans une chambre qui n'était pas la bonne! Il y avait-là un couple de bon petits vieux qui furent terrorisés par cette lugubre et soudaine apparition. Enfin rassemblés autour du bon lit, un apéro anisé fut servi et Patrick renversa son verre (plein) sur ses draps, ce qui ne fut pas apprécié on s'en doute par l'infirmière qui alla clamer partout qu'une chambre avait été envahie par une  bande de poivrots. Il y eut par la suite le séjour de Jacques à la clinique des Franciscaines qui déchaîna aussi les spécialistes de canulars et le mien au même endroit qui inspira quelques caricatures inavouables...

          Il "administrait" avec talent tout à la fois l'église de la paroisse de Châteaufort - Toussus-le-Noble, le presbytère, et le prieuré qu'il avait embelli d'une crypte enterrée dans un monceau de gravats et qu'il dégagea à la force de ses bras et qui devint le siège de nombreuses veillées.

   
(**) : Ce Bidou était un personnage de bande dessinée : aventurier notoire, connaissant donc des hauts et des bas ; il nous avoua qu'il avait une vieille mère richissime qui le renflouait lorsqu'il avait fait de mauvaises affaires, ce qui lui arrivait de temps à autre, car il avait un côté naïf, et cela le rendait assez sympathique..
Outre l'affaire de l'Albatros, ces deux épisodes le caractérisent :
          Il trempa un moment dans les avions renifleurs. L'un de ces avions, avec sa longue antenne implantée sur le nez, demeura longtemps sur le parking entre deux missions ; un jour, ma comptable d'Aéroport de Paris, madame Devémy, s'en émut et signifia à la société le montant des taxes dues, qui était pharamineux. Ce fut mon Bidoux qui vint s'en acquitter auprès de la comptable en ouvrant sous ses yeux étonnés un attaché-case bourré de dollars, et en payant « rubis sur l'ongle »...
          Un jour où il était particulièrement en verve, il nous raconta une équipée dans un pays d'Afrique en révolution où, au moment où il signait un important contrat avec un nabab local, l'aéroport où il avait garé son avion fut investi par les rebelles et il eut juste le temps de redécoller entre deux rafales de mitraillettes...

          À Toussus, "sévirent" aussi les frères Jacquemond. Le plus jeune était dans ma classe en terminale ; c'était un cancre qui s'était fait virer en cours d'année scolaire. C'est dire si je fus étonné de le retrouver un jour au bar de la volière , devenu commandant de bord au sein de la compagnie UTA ! Évidemment, il me reconnut et m'interpella bruyamment...Son frère aîné était un baroudeur. Il faisait du trafic et je crois bien qu'il était un peu protégé par nos services dits "spéciaux" qui lui confièrent parfois des missions occultes. Ainsi, c'est lui qui décolla nuitamment de Toussus pour aller chercher l'ethnologue Françoise Claustre, enlevée en 1974 par Hissen Abré et séquestrée au Tibesti, et qui la ramena en France...

         
Toussus fut assez souvent, il est vrai, le théâtre d'opérations secrètes, accomplies en marge des règles et des lois. En 1936, des avions furent fournis à l' Espagne pour équiper l'aviation républicaine et compléter ainsi les envois soviétiques (les fameux "Polykarpov"). La douane fermait les yeux... L'établissement Farman expédia des avions d'école, les "Alizé" F-480 qui avaient été spécialement conçus pour l'Espagne. Jean-Baptiste Salis père, alors installé sur l'aéroport, fournit quant à lui plusieurs avions, non sans s'être auparavant transporté sur place à bord d'un Dewoitine, pour y rencontrer les responsables républicains.

          En août 1937, plusieurs avions destinés à l'Espagne furent détruits dans un attentat à l'explosif perpétré par la Cagoule...

                                                                           
Jacques Pageix 2015


Dans la chronologie des articles de M. Jacques Pageix - Commandant de l’aéroport de Toussus: