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18/02/2019

Souvenirs du Commandant Jacques Pageix - La bombe d'Orly

Superposition Orly 1945 - 2007

Un événement récent (découverte et la neutralisation d'une bombe Porte de la Chapelle) me rappelle le même type d'opération que nous dûmes mener à Orly le 10 février 2009 avec les préfectures du Val de Marne et de l'Essonne et les services de déminage.

Elle fut découverte au cours de travaux entrepris au Nord de la maison de l'Environnement.

L'opération entraîna l'évacuation de la population au sud de la rue Bénard.

Le trafic hélicoptères sur le cheminement au sud de la plate forme fut interrompu.
Nous eûmes des réunions dans les deux préfectures (Evry et Créteil) avec un briefing avant déminage au moyen d'une belle présentation faite par les hommes de la Sécurité Civile.

Les documents me furent offerts par les agents qui étaient intervenus. 

La photo aérienne d'Orly en 1945, en superposition du terrain en 2007 montre que les nombreux impacts de bombes alliées déversée au cours de la 2e guerre mondiale sont impressionnantes!

Jacques Pageix


Dans la chronologie des articles de M. Jacques Pageix - Commandant de l’aéroport de Toussus:

14/02/2019

1919 – 2019, David chez Goliath

PC12 devant le hangar Farman
crédit photo : Bruno Muthelet
Cette photo anodine aujourd’hui  est en fait le résultat d’une révolution qui est entrain de déterminer l’avenir des plateformes aéroportuaires,  leur densité et leur maillage sur le territoire Européen.

Les grands constructeurs d’avions se dirigent vers la création de l'avion toujours plus grand pour transporter en un seul temps un seul mouvement, un maximum de passagers. 
Toutefois les plateformes ne suivent pas sur cette même cadence. Elles ont grande peine à investir et s’équiper pour recevoir de tels géants du transport. 
Ce qui mène à une centralisation constante autour des grandes métropoles. 
Pourtant, L'A380 arrêtera sa production (les derniers avions seront livrés en 2021)… Peut-être, n'est-ce que temporaire et que le timing n'était pas le bon.
Tel le Goliath F60, sorti du hangar Farman en 1919 pour son premier vol civil, les constructeurs  optent pour des avions soit rapides, soit plus volumineux : Concorde, A380. Sauf que le Farman Goliath F60 pouvait se contenter d'un terrain en herbe et atterrir dans un champ.
Le Concorde fut un avion magnifique. Il fête ses cinquante ans cette année, mais il a arrêté de voler en 2003. De même l'Airbus A380 voit son avenir incertain, toutes les plateformes standards ne pouvant l’accueillir,  gérer le flux des passagers et leur l'intendance.
Combien de plateformes en Europe peuvent-elles accueillir de tels avions?  Et à quelle cadence ? alors que les aéroports de petits et moyens gabarits, restent nombreux et inexploités à leur juste valeur.
Deux ans après le centenaire de l’aéroport de Toussus en 2007 qui a déterminé en quelque sorte, l’avenir de cette plateforme et lui a attribué ses lettres de noblesse sur un territoire « Berceau de l’aviation,  le concept Aériapole fut créé en 2008, mettant en avant  une étude de la NASA pour un développement économique du territoire et d’une décentralisation des Régions, dans l’esprit « AGATE » (lien).

2009, Défi 100/24 (lien) voit le jour, au salon du Bourget.
Il s’est tourné vers un défi d’endurance et de compétition sportive.

Nous aurions pensé que ce défi 100/24, aurait pu être un tremplin pour expérimenter le maillage des aéroports dans l'Hexagone en vue de développement économique et de décentralisation du territoire, ce qui apporterait une richesse et un développement  à la Province.
La finalité n’étant plus la même avec un public restreint et sélectionné, les coûts ont eu raison de cet événement et le résultat est tombé:  
Le dernier 100/24 eu lieu en 2014 - lire l' article d’Aerovfr (lien).
« Le Roi est mort, vive le Roi ». Le dernier 100/24  dont l’étape finale était Toussus le Noble à l'arrivée, a drainé avec lui, l’arrivée du E-Fan, l'avion électrique d'Airbus, avec dans sa besace, tous les rêves qu’il pouvait engendrer (lien).

PC24 sur l'aéroport de Toussus
crédit photo : Bruno Muthelet
Dix ans après notre premier article sur AGATE, les VLJ (Very Light Jet) se sont depuis bien développés. (lien)

Des avions  que toutes les petites plateformes aéroportuaires attendent pour les faire sortir de leur léthargie, irriguer à nouveau le territoire et permettre un développement économique décentralisé hors des grandes agglomérations et de leurs zones urbaines.
Nous saluons Jetfly qui dessert Toussus avec sa flotte d’avions ultra moderne et performante, des PC12 et PC24.

Tel David, ces avions font leur entrée à l'endroit où se logeaient les Goliath.

Cette filière de nouvelle génération serait finalement ce que la grande gastronomie est aux grandes tablées: du raffinement et une plus-value, pour un volume bien plus restreint.  
Les aéroports secondaires en seront plus dynamisés, dans les normes strictes des petites plateformes et le respect de l'environnement, notamment ici à Toussus, à proximité d'un Paris-Saclay qui émerge.

Le centenaire de l'aviation civile 1919 - 2019 rappellera que " L'avenir est une porte, le passé en est la clé" (V. Hugo). Aériastory et ses partenaires y travailleront durant toute cette année.

01/02/2019

Toussus le Noble : Du moteur à étoile à l'électrique en passant par le PSV et le manche à balai...

Jean Luc Charron, Président de la FFA
Branchement électrique à l'Alpha Electro de Pipistrel

En mars 2018 L’agence européenne pour la sécurité aérienne (EASA) avait accordé un « bon pour vol » à l’avion biplace électrique Alpha Electro de Pipistrel. La Fédération française aéronautique (FFA) pouvait ainsi démarrer l’initiation de pilotes privés.
Le choix s’est porté sur l’aérodrome de Toussus-le-Noble pour cette expérimentation.

Une information dont Jean-Luc Charron, le président de la FFA, avait réservé la primeur aux présidents des aéro-clubs français lors de l’A.G. à Marseille ; d’autant que l’avion gagnait en crédibilité et que suite à des essais concluants réalisés en Australie, l’appareil est désormais autorisé à voler dans ce pays pour y assurer des vols d'apprentissage.

Ce dossier, Jean Luc Charron le montait depuis des années. 

La FFA a donc acheté un exemplaire avec options sur d'autres. Cela a nécessité un travail préalable entre Pipistrel et l’Agence Européenne de la Sécurité Aérienne pour établir "des conditions de vol" assurant une sécurité absolue. 
C’est donc  dans le cadre de la formation de pilotes privés et dans un environnement de type aéro-club que cette première phase devrait se dérouler.

Une persévérance sans faille de J.L. Charron
Certes, les adeptes ou les détracteurs de l’avion électrique seront nombreux et se feront entendre.
Le temps et l’expérimentation détermineront de son avenir. 

Toujours est-il que le 31 janvier 2019 sera une date à marquer d’une pierre blanche pour la plateforme de Toussus qui a toujours innové dans le monde de l’école de pilotage. 


Quelques dates clés pour rappeler l’histoire de cette plateforme mythique de 112 ans :  

En 1907, c’est Robert Esnault Pelterie qui, le premier installé à Toussus-le-Noble, créa le moteur en étoile. Il inventa aussi le « manche à balai ». En véritable « visionnaire » des voyages dans l’espace il mit au point un moteur fusée en 1936.

Toussus le Noble première plateforme
 à s'engager dans des avions école dernière génération.
Une histoire vieille de cent ans. 
En 1909, Henri Farman emménagea à Toussus qui fut le lieu de mise au point de tous leurs prototypes exportés aux quatre coins du globe.

En 1919, les bombardiers Farman Goliath F60 produits en grand nombre à la fin de la guerre sont convertis et réaménagés pour transporter des passagers. L’aviation civile venait de naître avec le premier vol Toussus / Kenley (GB) et ouvre la période des grands raids (Toussus/Dakar). 
Un concurrent au chemin de fer venait de naître : l’avion.

En 1928, Lucien Rougerie, directeur de l’aérodrome, établit une méthode de pilotage sans visibilité (PSV) et créa avec les frères Farman une école de pilotage où d’illustres pilotes sont venus s’y former (Mermoz, Saint-Exupery…)


En 1933,  Air Orient, Air Union, la Société Générale de Transport Aérien (SGTA. ex Lignes Farman) et la C.I.D.N.A., créent une société commune: la Société Centrale pour l'Exploitation de Lignes Aériennes (S.C.E.L.A.). La nouvelle société est rebaptisée Air France.
Air France est officiellement inaugurée à l'Aéroport du Bourget le 7 octobre 1933. Elle reprend l'emblème d'Air Orient, "l'Hippocampe ailé", et s'installe dans les locaux de cette dernière au 2 rue Marbeuf, à Paris.

En 1948, sous la direction de Lucien Coupet, le bureau d’étude de la SNAC (Société Nationale de Construction Aéronautique) qui réunit les sociétés nationalisées, Farman et Hanriot met au point le prototype du « Cormoran NC 211).

De 1952 à 1955 dans la station Farman sont menés les essais du « Monitor », une version monoplan du Stampe.

De 1954 à 1997 la plateforme de Toussus accueille championnats de voltige et grandes fêtes de l’aviation légère et sportive.

2007 : Première célébration du centenaire d’un aéroport en Ile de France où, en première mondiale, un Blériot XI croise un Rafale Marine et arrivée des Aquila dans les aéro-clubs, avions silencieux et économes.

Avec un passé aussi prestigieux et un avenir aussi engageant, cette plateforme de Toussus-le-Noble méritera-t- elle un centenaire de l’aviation civile en 2019 à l’égal de son prestige ?

Nos administrations en décideront…