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18/10/2020

Création, Artisanat et Patrimoine

Réalisation : Alice Pech
crédit photo : Jean-Cosme Rivière
Dans le concept d'Aériapole,  nous saluons Jean-Marie Taillat,  artisan brasseur. Une bière qu'il faisait dans son garage et qu'il baptise en fonction de son affection pour les motos vintages. 

Au départ brasseur amateur, aujourd'hui artisan- brasseur installé depuis deux ans à Toussus-le-Noble, il s'imprègne du patrimoine de la commune pour diffuser sa  nouvelle bière "Goliath", lancée autour d'une belle création vintage  d'Alice Pech. 

Une bière que même les frères Farman, si précurseurs dans leur domaine, auront cette fois-ci, raté la première gorgée.

Création et partage sont deux leitmotivs qui lui tiennent à cœur, qui l'ont guidé dans son précédent métier de reporter photographe, et qu'il met en œuvre dans sa micro-brasserie.  

D'amateur il est passé professionnel après une formation à l'Institut Français de la Brasserie et de la Malterie à Nancy.

Il propose des bières comme, une Pale Ale faite avec des malts clairs, une levure de fermentation haute et des houblons américains, une ambrée avec des malts plus foncés et des houblons allemand et une bière de blé qu'il ne faut pas appeler blanche puisqu'elle peut être aussi brune ou châtain.

Dès son arrivée, Jean Marie Taillat a vite fait partie de la vie de la commune en s'intégrant à la journée du patrimoine organisée par Aeriastory en septembre 2018,  dans le cadre de la réhabilitation de la porte Quartier Jean Tulasne , premier commandant du groupe de Chasse Normandie Niemen.

    



C'est avant tout en local et en circuit court qu'il souhaite travailler.
Circuits courts, produits naturels, création, partage, échange sans oublier boire moins, boire mieux.

Une activité et des événements de la micro-brasserie qu'il a développé et à suivre sur la page facebook «the beer garage».  
Un lieu pour un dépaysement total, une convivialité garantie et des bières à consommer avec modération.






10/10/2019

Toussus le Noble, un théâtre d’opérations diverses et variées - souvenirs du Cdt Jacques pageix


Le hangar FARMAN, implanté sur  une enclave privée de l'aéroport, 
avec accès aux pistes par un taxiway également privé. 
Il offrait de nombreuses place de stationnement aux avions, et disposait d'un atelier d'entretien. 
Éphèmère basilique, il accueillit  les reliques de Sainte-Thérèse..

À Toussus-le-Noble, au début de l'année 1995, je fus contacté par l'Évêché de Versailles pour organiser sur l'aérodrome le départ d'un périple aérien pour le moins étrange, voire surréaliste...

          L'idée qui me fut exposée par l'évêché était de transporter la châsse de Sainte Thérèse de Lisieux en avion, pour lui permettre d'aller ainsi à la rencontre des fidèles, de ville en ville! Il s'agissait en quelque sorte d'un pèlerinage à l'envers: les pèlerins, au lieu de se  déplacer à Lisieux pour y vénérer les reliques de Sainte Thérèse, pourrait ainsi la vénérer à deux pas de chez eux.

          L'évêque de Pamier (Mgr Albert-Marie-Joseph Cyrille de Monléon) était le promoteur de cette idée lumineuse et souhaitait la voir se réaliser rapidement.

          Je n'ai malheureusement pas conservé de photos de ce curieux épisode ; peut-être n'y en eut-il pas ? De plus, ce souvenir est un peu confus dans ma mémoire. Mais le fait est curieux et je pense donc qu'il mérite d'être rapporté.

          À cette occasion, mon ami le Père Jacques Minard, curé de la paroisse de Châteaufort-Toussus (*) ne manqua pas de me faire passer « sous la soutane » quelques caricatures bien senties, en y mêlant mon chien Helliot, qui n'avait pourtant aucunement trempé dans cette affaire. 
J'ai conservé ses petits croquis et je me décide pas à les présenter ici, car cela pourrait choquer certains et le faire sursauter lui-même dans sa tombe (même s'il y a prescription!).
         
          Le mois d'avril venu, pour recevoir dignement la châsse et son précieux contenu, on aménagea une basilique éphémère dans le hangar de la société Farman (enclave privée sur l'aérodrome, donc terrain neutre, alors exploitée par Monsieur Péchenard).

          Une messe fut dite par l'évêque. La châsse qui servait d'autel, quelques fumigènes, l'encens, les chasubles colorées, le caractère "décalé" de cette cérémonie au milieu des avions modernes alignés en bon ordre dans le hangar , tout cela composait un spectacle pour le moins surréaliste...

L'avouerai-je, je commis une petite facétie : je me souviens que l' évêque me demanda quel était ce curieux avion à réaction jaune qui tranchait avec les autres par son aspect militaire...

          C'était un Albatros, avion Tchèque, que le fameux Bidoux (ce Bidoux était connu à Toussus pour faire des affaires de tous bords, et l' on était nombreux à croire que son nom avait produit ce verbe à consonnance argotique: « bidouiller »). Il avait acheté cet avion (c'est le même type d'avion qui compose la patrouille de voltige Breitling) et, avant que l'on puisse connaître le destin que ce Bidoux comptait assigner à sa nouvelle "danseuse", comme il aimait à le souligner, les Douanes avaient saisi l'avion qui fut aussitôt transporté dans le hangar Farman dont le responsable, Monsieur Péchenard, avait été nommé « gardien de saisie conservatoire » (**).

          Je répondis à l'évêque : « c'est un avion de chasse Monseigneur : il est donc adapté au transport de reliques ! » Je me souviens bien que l'évêque, que j'avais jugé un peu prématurément inaccessible à toute sortes d'humour, n'avait pu réprimer un fou-rire !

Il conviendrait, pour compléter ces lignes, de retrouver des document permettant de retacer précisément quel fut le déroulement exact de ce curieux périple sur notre territoire, car je n'en ai malheureusement conservé aucun souvenir.

(*) : Jacques Minard  (Vanves, 12 octobre 1930 - Châteaufort, 17 mai 2006): Il fut pour moi avant tout un amis très cher. Personnage « haut en couleur », mais prêtre exemplaire dont les sermons, profonds, ciselés, souvent à l'emporte pièce, étaient de véritables moments d'éloquence qui réveillaient les consciences. Il n'aimait pas les pompes de l'Église, un peu provoquant et iconoclaste...Il avait une plume alerte qui jouait non seulement de l'écriture, mais aussi de la caricature (cela rime...). Ses dessins étaient aussi « pertinents » que ses discours. 

Je me revois, sirotant (modérément bien sûr) avec lui sous sa tonnelle du presbytère quelques breuvages anisés, tout en devisant : lorsqu'un avion survolait le village, il ne manquait pas de m'interpeller :
" Regarde, Jacques, encore un pilote qui prend mon clocher pour une balise!"...


 Ou bien, lors d'un concert d'orgue à la  cathédrale St-Louis de Versailles, où le récital de Fauré (je crois) nous endormait, il prit un crayon et dessina d'un trait un enterrement de première classe...On pouffa un peu trop bruyamment et certaines bigotes versaillaises se retournèrent en nous fusillant du regard. 
Heureusement que Jacques ne portait aucun signe distinctifs de son appartenance au clergé ! ...

Jacques, à la fois organiste et facteur d'orgue, et aussi curé aux sermons percutants mais émouvants, que j'aimais beaucoup, et qui, par son engagement, son sens de l'amitié, et son humour décapant, frisant parfois le canulard, était un phare pour "ses copains" (son expression favorite). Mes souvenirs à son propos mériteraient tout un ouvrage: je me souviens pêle-mêle du récit de son premier sermon à Taverny en présence de ses parents : lors de sa montée en chaire, son aube, malencontreusement accrochée à la rampe, se déchira et ses petit papiers aides-mémoire posés sur le rebord en velour rouge s'envolèrent. Son arrivée au sein de sa paroisse de Châteaufort-Toussus fut très remarquée: son bulletin paroissial "Carillon" (du nom de son chat) fit sensation, ainsi que quelques canulards avec ses complices Patrick Esnault le secrétaire de mairie et Jacques Marinovic, éclairagiste à la télévision ; il passa même à la télé dans une émission de Dechavanne pour présenter l'une de ses inventions.  

          Avec Jacques Minard, Jacques Marinovic et Patrice Pannetier, nous visitâmes Patrick Esnault à la clinique Aumont à Versailles lors d'une banale opération: quelle rigolade! Jacques et moi, nous nous étions déguisés en momie avec des rouleau de papier "Q" et nous fîmes irruption dans une chambre qui n'était pas la bonne! Il y avait-là un couple de bon petits vieux qui furent terrorisés par cette lugubre et soudaine apparition. Enfin rassemblés autour du bon lit, un apéro anisé fut servi et Patrick renversa son verre (plein) sur ses draps, ce qui ne fut pas apprécié on s'en doute par l'infirmière qui alla clamer partout qu'une chambre avait été envahie par une  bande de poivrots. Il y eut par la suite le séjour de Jacques à la clinique des Franciscaines qui déchaîna aussi les spécialistes de canulars et le mien au même endroit qui inspira quelques caricatures inavouables...

          Il "administrait" avec talent tout à la fois l'église de la paroisse de Châteaufort - Toussus-le-Noble, le presbytère, et le prieuré qu'il avait embelli d'une crypte enterrée dans un monceau de gravats et qu'il dégagea à la force de ses bras et qui devint le siège de nombreuses veillées.

   
(**) : Ce Bidou était un personnage de bande dessinée : aventurier notoire, connaissant donc des hauts et des bas ; il nous avoua qu'il avait une vieille mère richissime qui le renflouait lorsqu'il avait fait de mauvaises affaires, ce qui lui arrivait de temps à autre, car il avait un côté naïf, et cela le rendait assez sympathique..
Outre l'affaire de l'Albatros, ces deux épisodes le caractérisent :
          Il trempa un moment dans les avions renifleurs. L'un de ces avions, avec sa longue antenne implantée sur le nez, demeura longtemps sur le parking entre deux missions ; un jour, ma comptable d'Aéroport de Paris, madame Devémy, s'en émut et signifia à la société le montant des taxes dues, qui était pharamineux. Ce fut mon Bidoux qui vint s'en acquitter auprès de la comptable en ouvrant sous ses yeux étonnés un attaché-case bourré de dollars, et en payant « rubis sur l'ongle »...
          Un jour où il était particulièrement en verve, il nous raconta une équipée dans un pays d'Afrique en révolution où, au moment où il signait un important contrat avec un nabab local, l'aéroport où il avait garé son avion fut investi par les rebelles et il eut juste le temps de redécoller entre deux rafales de mitraillettes...

          À Toussus, "sévirent" aussi les frères Jacquemond. Le plus jeune était dans ma classe en terminale ; c'était un cancre qui s'était fait virer en cours d'année scolaire. C'est dire si je fus étonné de le retrouver un jour au bar de la volière , devenu commandant de bord au sein de la compagnie UTA ! Évidemment, il me reconnut et m'interpella bruyamment...Son frère aîné était un baroudeur. Il faisait du trafic et je crois bien qu'il était un peu protégé par nos services dits "spéciaux" qui lui confièrent parfois des missions occultes. Ainsi, c'est lui qui décolla nuitamment de Toussus pour aller chercher l'ethnologue Françoise Claustre, enlevée en 1974 par Hissen Abré et séquestrée au Tibesti, et qui la ramena en France...

         
Toussus fut assez souvent, il est vrai, le théâtre d'opérations secrètes, accomplies en marge des règles et des lois. En 1936, des avions furent fournis à l' Espagne pour équiper l'aviation républicaine et compléter ainsi les envois soviétiques (les fameux "Polykarpov"). La douane fermait les yeux... L'établissement Farman expédia des avions d'école, les "Alizé" F-480 qui avaient été spécialement conçus pour l'Espagne. Jean-Baptiste Salis père, alors installé sur l'aéroport, fournit quant à lui plusieurs avions, non sans s'être auparavant transporté sur place à bord d'un Dewoitine, pour y rencontrer les responsables républicains.

          En août 1937, plusieurs avions destinés à l'Espagne furent détruits dans un attentat à l'explosif perpétré par la Cagoule...

                                                                           
Jacques Pageix 2015


Dans la chronologie des articles de M. Jacques Pageix - Commandant de l’aéroport de Toussus: 


14/02/2019

1919 – 2019, David chez Goliath

PC12 devant le hangar Farman
crédit photo : Bruno Muthelet
Cette photo anodine aujourd’hui  est en fait le résultat d’une révolution qui est entrain de déterminer l’avenir des plateformes aéroportuaires,  leur densité et leur maillage sur le territoire Européen.

Les grands constructeurs d’avions se dirigent vers la création de l'avion toujours plus grand pour transporter en un seul temps un seul mouvement, un maximum de passagers. 
Toutefois les plateformes ne suivent pas sur cette même cadence. Elles ont grande peine à investir et s’équiper pour recevoir de tels géants du transport. 
Ce qui mène à une centralisation constante autour des grandes métropoles. 
Pourtant, L'A380 arrêtera sa production (les derniers avions seront livrés en 2021)… Peut-être, n'est-ce que temporaire et que le timing n'était pas le bon.
Tel le Goliath F60, sorti du hangar Farman en 1919 pour son premier vol civil, les constructeurs  optent pour des avions soit rapides, soit plus volumineux : Concorde, A380. Sauf que le Farman Goliath F60 pouvait se contenter d'un terrain en herbe et atterrir dans un champ.
Le Concorde fut un avion magnifique. Il fête ses cinquante ans cette année, mais il a arrêté de voler en 2003. De même l'Airbus A380 voit son avenir incertain, toutes les plateformes standards ne pouvant l’accueillir,  gérer le flux des passagers et leur l'intendance.
Combien de plateformes en Europe peuvent-elles accueillir de tels avions?  Et à quelle cadence ? alors que les aéroports de petits et moyens gabarits, restent nombreux et inexploités à leur juste valeur.
Deux ans après le centenaire de l’aéroport de Toussus en 2007 qui a déterminé en quelque sorte, l’avenir de cette plateforme et lui a attribué ses lettres de noblesse sur un territoire « Berceau de l’aviation,  le concept Aériapole fut créé en 2008, mettant en avant  une étude de la NASA pour un développement économique du territoire et d’une décentralisation des Régions, dans l’esprit « AGATE » (lien).

2009, Défi 100/24 (lien) voit le jour, au salon du Bourget.
Il s’est tourné vers un défi d’endurance et de compétition sportive.

Nous aurions pensé que ce défi 100/24, aurait pu être un tremplin pour expérimenter le maillage des aéroports dans l'Hexagone en vue d'un développement économique et de décentralisation du territoire, ce qui apporterait une richesse et un développement  à la Province.
La finalité n’étant plus la même avec un public restreint et sélectionné, les coûts ont eu raison de cet événement et le résultat est tombé:  
Le dernier 100/24 eu lieu en 2014 - lire l' article d’Aerovfr (lien).
« Le Roi est mort, vive le Roi ». Le dernier 100/24  dont l’étape finale était Toussus le Noble à l'arrivée, a drainé avec lui, l’arrivée du E-Fan, l'avion électrique d'Airbus, avec dans sa besace, tous les rêves qu’il pouvait engendrer (lien).

PC24 sur l'aéroport de Toussus
crédit photo : Bruno Muthelet
Dix ans après notre premier article sur AGATE, les VLJ (Very Light Jet) se sont depuis bien développés. (lien)

Des avions  que toutes les petites plateformes aéroportuaires attendent pour les faire sortir de leur léthargie, irriguer à nouveau le territoire et permettre un développement économique décentralisé hors des grandes agglomérations et de leurs zones urbaines.
Nous saluons Jetfly qui dessert Toussus avec sa flotte d’avions ultra moderne et performante, des PC12 et PC24.

Tel David, ces avions font leur entrée à l'endroit où se logeaient les Goliath.

Cette filière de nouvelle génération d'avions serait finalement ce que la gastronomie serait face aux grandes tablées: du raffinement et une plus-value, pour un volume bien plus restreint.  
Les aéroports secondaires en seront plus dynamisés, dans les normes strictes des petites plateformes et le respect de l'environnement, notamment ici à Toussus, à proximité d'un Paris-Saclay qui émerge.

Le centenaire de l'aviation civile 1919 - 2019 rappellera que " L'avenir est une porte, le passé en est la clé" (V. Hugo). Aériastory et ses partenaires y travailleront durant toute cette année.

01/02/2019

Toussus le Noble : Du moteur à étoile à l'électrique en passant par le PSV et le manche à balai...

Jean Luc Charron, Président de la FFA
Branchement électrique à l'Alpha Electro de Pipistrel

En mars 2018 L’agence européenne pour la sécurité aérienne (EASA) avait accordé un « bon pour vol » à l’avion biplace électrique Alpha Electro de Pipistrel. La Fédération française aéronautique (FFA) pouvait ainsi démarrer l’initiation de pilotes privés.
Le choix s’est porté sur l’aérodrome de Toussus-le-Noble pour cette expérimentation.

Une information dont Jean-Luc Charron, le président de la FFA, avait réservé la primeur aux présidents des aéro-clubs français lors de l’A.G. à Marseille ; d’autant que l’avion gagnait en crédibilité et que suite à des essais concluants réalisés en Australie, l’appareil est désormais autorisé à voler dans ce pays pour y assurer des vols d'apprentissage.

Ce dossier, Jean Luc Charron le montait depuis des années. 

La FFA a donc acheté un exemplaire avec options sur d'autres. Cela a nécessité un travail préalable entre Pipistrel et l’Agence Européenne de la Sécurité Aérienne pour établir "des conditions de vol" assurant une sécurité absolue. 
C’est donc  dans le cadre de la formation de pilotes privés et dans un environnement de type aéro-club que cette première phase devrait se dérouler.

Une persévérance sans faille de J.L. Charron
Certes, les adeptes ou les détracteurs de l’avion électrique seront nombreux et se feront entendre.
Le temps et l’expérimentation détermineront de son avenir. 

Toujours est-il que le 31 janvier 2019 sera une date à marquer d’une pierre blanche pour la plateforme de Toussus qui a toujours innové dans le monde de l’école de pilotage. 


Quelques dates clés pour rappeler l’histoire de cette plateforme mythique de 112 ans :  

En 1907, c’est Robert Esnault Pelterie qui, le premier installé à Toussus-le-Noble, créa le moteur en étoile. Il inventa aussi le « manche à balai ». En véritable « visionnaire » des voyages dans l’espace il mit au point un moteur fusée en 1936.

Toussus le Noble première plateforme
 à s'engager dans des avions école dernière génération.
Une histoire vieille de cent ans. 
En 1909, Henri Farman emménagea à Toussus qui fut le lieu de mise au point de tous leurs prototypes exportés aux quatre coins du globe.

En 1919, les bombardiers Farman Goliath F60 produits en grand nombre à la fin de la guerre sont convertis et réaménagés pour transporter des passagers. L’aviation civile venait de naître avec le premier vol Toussus / Kenley (GB) et ouvre la période des grands raids (Toussus/Dakar). 
Un concurrent au chemin de fer venait de naître : l’avion.

En 1928, Lucien Rougerie, directeur de l’aérodrome, établit une méthode de pilotage sans visibilité (PSV) et créa avec les frères Farman une école de pilotage où d’illustres pilotes sont venus s’y former (Mermoz, Saint-Exupery…)


En 1933,  Air Orient, Air Union, la Société Générale de Transport Aérien (SGTA. ex Lignes Farman) et la C.I.D.N.A., créent une société commune: la Société Centrale pour l'Exploitation de Lignes Aériennes (S.C.E.L.A.). La nouvelle société est rebaptisée Air France.
Air France est officiellement inaugurée à l'Aéroport du Bourget le 7 octobre 1933. Elle reprend l'emblème d'Air Orient, "l'Hippocampe ailé", et s'installe dans les locaux de cette dernière au 2 rue Marbeuf, à Paris.

En 1948, sous la direction de Lucien Coupet, le bureau d’étude de la SNAC (Société Nationale de Construction Aéronautique) qui réunit les sociétés nationalisées, Farman et Hanriot met au point le prototype du « Cormoran NC 211).

De 1952 à 1955 dans la station Farman sont menés les essais du « Monitor », une version monoplan du Stampe.

De 1954 à 1997 la plateforme de Toussus accueille championnats de voltige et grandes fêtes de l’aviation légère et sportive.

2007 : Première célébration du centenaire d’un aéroport en Ile de France où, en première mondiale, un Blériot XI croise un Rafale Marine et arrivée des Aquila dans les aéro-clubs, avions silencieux et économes.

Avec un passé aussi prestigieux et un avenir aussi engageant, cette plateforme de Toussus-le-Noble méritera-t- elle un centenaire de l’aviation civile en 2019 à l’égal de son prestige ?

Nos administrations en décideront…


16/10/2007

D’azur et d’or

d'Azur et d'Or
L'aérodrome de Toussus le Noble

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'aérodrome de  Toussus le Noble :

Combien d’aérodromes peuvent prétendre, comme celui de Toussus-le-noble, avoir connu une activité ininterrompue depuis une centaine d’années ?

Issy-les-Moulineaux peut lui disputer la première place, mais ce qui en reste n’a pas vu un avion se poser depuis la fin des années soixante...

A Toussus le Noble, peut-être parce que son activité est aujourd’hui devenu routinière, le souvenir de son passé brillant s’est estompé dans les mémoires, à tel point que même des historiens chevronnés le confondent parfois avec son voisin de Buc, qui depuis, a disparu.

Pour la célébration du Centenaire de l'Aéroport, la Commission Patrimoine et Histoire du CCAT met de l'ordre dans tout cela en désignant le Groupe Historique de Toussus-le-Noble pour sortir sous la plume de sa présidente, Mme Geneviève Sandras-Dextreit, un ouvrage remarquable.

Inutile de reprendre ici toute la riche histoire du lieu ; il suffit de rappeler que Robert Esnault-Pelterie le premier vint y fuir les contraintes administratives liées à l’utilisation du champ de manœuvres d’Issy à l’automne 1907, rapidement suivi par Maurice Farman, dont la famille allait durablement marquer l’aérodrome. Terrains qu'elle vendra plus tard à ADP en 1987.

Un autre titre pur cet ouvrage aurait pu être "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Toussus", tant les thèmes abordés sont variés, en notant une attention particulière portée à l’histoire des bâtiments, chose malheureusement trop rare dans l’histoire locale.

On découvre en particulier que le célèbre hangar "Farman", remarqué par les Bâtiments de France pour sa structure haubanée.
Il fut initialement érigé en 1917 et destiné à l’assemblage final des Goliath, sur le terrain méconnu de Mérantais, aujourd’hui disparu sous le Golf National.

Cette même approche originale nous fait découvrir l’empreinte laissée par le réseau de collecte des eaux du plateau pour le parc du château de Versailles.
Le texte suit un fil chronologique, ponctué de nombreuses et utiles notices biographiques, et il n’oublie pas la période la plus récente, abordant en particulier de manière objective les conflits avec les riverains liés aux nuisances sonores, réminiscence des protestations d’avant 1914 - justifiées semble-t-il, quand les aviateurs de l’époque prenaient un malin à faire la chasse aux cultivateurs autour de Toussus.

Un ouvrage et une profusion d’informations ajouté d'un véritable travail littéraire, aux sources solides. ; voilà en fait l’exemple de ce que devrait être une monographie d’Histoire locale.

L’iconographie particulièrement riche sera suivi par un complément pour couvrir aussi les autres terrains du plateau qui eux, ont disparu : Chateaufort, Guyancourt et Buc...