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14/02/2019

1919 – 2019, David chez Goliath

PC12 devant le hangar Farman
crédit photo : Bruno Muthelet
Cette photo anodine aujourd’hui  est en fait le résultat d’une révolution qui est entrain de déterminer l’avenir des plateformes aéroportuaires,  leur densité et leur maillage sur le territoire Européen.

Les grands constructeurs d’avions se dirigent vers la création de l'avion toujours plus grand pour transporter en un seul temps un seul mouvement, un maximum de passagers. 
Toutefois les plateformes ne suivent pas sur cette même cadence. Elles ont grande peine à investir et s’équiper pour recevoir de tels géants du transport. 
Ce qui mène à une centralisation constante autour des grandes métropoles. 
Pourtant, L'A380 arrêtera sa production (les derniers avions seront livrés en 2021)… Peut-être, n'est-ce que temporaire et que le timing n'était pas le bon.
Tel le Goliath F60, sorti du hangar Farman en 1919 pour son premier vol civil, les constructeurs  optent pour des avions soit rapides, soit plus volumineux : Concorde, A380. Sauf que le Farman Goliath F60 pouvait se contenter d'un terrain en herbe et atterrir dans un champ.
Le Concorde fut un avion magnifique. Il fête ses cinquante ans cette année, mais il a arrêté de voler en 2003. De même l'Airbus A380 voit son avenir incertain, toutes les plateformes standards ne pouvant l’accueillir,  gérer le flux des passagers et leur l'intendance.
Combien de plateformes en Europe peuvent-elles accueillir de tels avions?  Et à quelle cadence ? alors que les aéroports de petits et moyens gabarits, restent nombreux et inexploités à leur juste valeur.
Deux ans après le centenaire de l’aéroport de Toussus en 2007 qui a déterminé en quelque sorte, l’avenir de cette plateforme et lui a attribué ses lettres de noblesse sur un territoire « Berceau de l’aviation,  le concept Aériapole fut créé en 2008, mettant en avant  une étude de la NASA pour un développement économique du territoire et d’une décentralisation des Régions, dans l’esprit « AGATE » (lien).

2009, Défi 100/24 (lien) voit le jour, au salon du Bourget.
Il s’est tourné vers un défi d’endurance et de compétition sportive.

Nous aurions pensé que ce défi 100/24, aurait pu être un tremplin pour expérimenter le maillage des aéroports dans l'Hexagone en vue de développement économique et de décentralisation du territoire, ce qui apporterait une richesse et un développement  à la Province.
La finalité n’étant plus la même avec un public restreint et sélectionné, les coûts ont eu raison de cet événement et le résultat est tombé:  
Le dernier 100/24 eu lieu en 2014 - lire l' article d’Aerovfr (lien).
« Le Roi est mort, vive le Roi ». Le dernier 100/24  dont l’étape finale était Toussus le Noble à l'arrivée, a drainé avec lui, l’arrivée du E-Fan, l'avion électrique d'Airbus, avec dans sa besace, tous les rêves qu’il pouvait engendrer (lien).

PC24 sur l'aéroport de Toussus
crédit photo : Bruno Muthelet
Dix ans après notre premier article sur AGATE, les VLJ (Very Light Jet) se sont depuis bien développés. (lien)

Des avions  que toutes les petites plateformes aéroportuaires attendent pour les faire sortir de leur léthargie, irriguer à nouveau le territoire et permettre un développement économique décentralisé hors des grandes agglomérations et de leurs zones urbaines.
Nous saluons Jetfly qui dessert Toussus avec sa flotte d’avions ultra moderne et performante, des PC12 et PC24.

Tel David, ces avions font leur entrée à l'endroit où se logeaient les Goliath.

Cette filière de nouvelle génération serait finalement ce que la grande gastronomie est aux grandes tablées: du raffinement et une plus-value, pour un volume bien plus restreint.  
Les aéroports secondaires en seront plus dynamisés, dans les normes strictes des petites plateformes et le respect de l'environnement, notamment ici à Toussus, à proximité d'un Paris-Saclay qui émerge.

Le centenaire de l'aviation civile 1919 - 2019 rappellera que " L'avenir est une porte, le passé en est la clé" (V. Hugo). Aériastory et ses partenaires y travailleront durant toute cette année.